PHILIPPE LEONARD
Ignoré par
Aimé Anthuenis, le Standardman a bien digéré sa non-sélection chez les Diables Rouges.
Le défenseur liégeois forme à présent une nouvelle paire avec Milan Rapaic qui a
parfaitement rempli son contrat face à Anderlecht.
Philippe Léonard a, visiblement, plutôt bien digéré sa non-sélection chez les Diables Rouges. Une absence que le défenseur liégeois n'a pas souhaité commenter alors que mercredi, face au Sporting d'Anderlecht, il a signé une prestation nettement meilleure que Deschacht, son vis-à-vis bruxellois. L'arrière-gauche du Standard ne laissa, en effet, guère de liberté d'expression à Christian Wilhelmsson. «Au plan personnel, je pense que ma prestation défensive fut à la hauteur, avoue-t-il. L'entraîneur avait attiré notre attention sur le fait que les deux Suédois du Sporting (NdlR: Wilhelmsson et Zetterberg) étaient les éléments perturbateurs de l'équipe. J'avais espéré que Wilhelmsson évolue à gauche. Ce ne fut, malheureusement, pas le cas. Sa présence m'empêcha de remplir parfaitement ma tâche offensive. Je n'ai eu que deux ballons offensifs à négocier, et je les ai loupés. J'étais donc quelque peu frustré même si je n'ai pas failli défensivement. Sous l'aspect collectif, nous avons, enfin, pu trouver des points d'appui au milieu du jeu. Nous pouvions plus facilement partir vers l'avant car nous trouvions des intervalles qui ont osé prendre leurs responsabilités...»
L'état d'esprit des Liégeois tranchait d'ailleurs singulièrement avec celui affiché à Mons quatre jours plus tôt. «Face aux Hennuyers, nous avons débuté la partie en dilettante, poursuit le Sprimontois. Les Montois ont pris confiance alors que l'entraîneur nous avait suggéré de ne leur laisser aucun espoir. Nous avons eu la chance de revenir au score et de nous imposer. C'est dans ces matches que l'on gagne des places au classement général. Pas uniquement en battant Bruges ou Anderlecht. Et si nous avons des ambitions dans ce championnat, il ne faut pas tout miser uniquement sur nos quatre confrontations face à Bruges et à Anderlecht.»
Le 5e associé...
Philippe Léonard n'a guère démérité depuis le début de la saison. Et pourtant, en l'espace de deux mois, il fut associé à quatre partenaires différents puisque Michel Garbini, Gonzague Vandooren, Miljenko Mumlek, Sergio Conceiço et, maintenant, Milan Rapaic se sont succédé: «Il n'est guère évident de tisser des automatismes dans de telles conditions. Mais, avec l'arrivée de Rapaic, la situation devrait se stabiliser.»
Mais les cinq joueurs présentent un profil complètement différent. Et Milan Rapaic est plutôt réputé pour son apport offensif: «C'est d'ailleurs pour cela que le club l'a transféré. Néanmoins, cela ne m'empêchera pas de le repositionner s'il le faut. Il est difficile de le juger sur un seul match. Le Croate a, en tout cas, déjà laissé entrevoir des qualités techniques qui lui permettent d'effacer facilement un adversaire. Il est ici pour apporter de la créativité et donner des balles de but à nos attaquants. Cela ne me pose aucun problème d'assumer ma tâche défensive derrière lui et de m'impliquer dans certaines phases offensives. Curbelo et Geraerts peuvent aussi assurer la couverture. Lors d'un match avec Monaco à Auxerre qui pratique le marquage individuel, mon entraîneur et Lamouchi m'avaient incité à arpenter tout le flanc gauche. Steve Marlet avait été obligé de me suivre tout le match, ce qui avait provoqué la colère de Guy Roux. Si je peux en faire de même ici, je ne me gênerai pas.»
En attendant, Philippe Léonard passera le week-end dans sa résidence monégasque. Histoire de recharger ses accus. Et cela, même s'ils n'ont pas suffisamment éclairé la lanterne d'Aimé Anthuenis...
Match après match, l'arrière
gauche liégeois prouve qu'il n'est plus loin de son meilleur niveau...
SCLESSIN S'il avait été inopiné, le retour en forme de Philippe Léonard n'aurait
guère suscité autant d'admiration. L'arrière gauche sprimontois l'a façonné au fil
des semaines en s'impliquant, notamment, de plus en plus régulièrement dans les phases
offensives de son équipe. Et, samedi soir face à Westerlo, il fut d'ailleurs à la base
des deux buts de son équipe: «Si je n'agissais pas de la sorte auparavant, c'est parce
que physiquement je me sentais incapable d'arpenter le flanc. Maintenant, je me sens bien
dans ma peau et dans ma tête. Mes ennuis à la voûte plantaire ne sont plus qu'un
lointain souvenir. Je me sens de mieux en mieux. J'avais besoin de 4 ou 5 matches pour
retrouver le rythme. Je me sens, désormais, capable d'enchaîner les allers-retours. J'en
suis assez satisfait car je ne croyais pas atteindre ce niveau aussi rapidement. Je suis
dans une forme ascendante et je m'approche tout doucement de mon meilleur niveau.
J'éprouve, en tout cas, beaucoup de plaisir à retrouver les copains le matin dans les
vestiaires.»
«Tout peut aller très vite»
Philippe Léonard a, visiblement, beaucoup mûri. À tel point que, dans le contexte
actuel qui règne dans l'équipe nationale, personne ne comprendrait les raisons qui
pousseraient Aimé Anthuenis à ne pas se renforcer en ignorant la candidature de Philippe
Léonard sur un flanc gauche qui ne cesse de décevoir pour le prochain match capital face
à la Serbie-Monténégro le 17 novembre prochain...
«Je ne revendique rien, avertit-il d'emblée. Jamais je n'aurais cru que ma situation
aurait évolué aussi rapidement. J'accueillerais une sélection chez les Diables Rouges
avec beaucoup de bonheur. Mais cela n'a jamais été un objectif prioritaire. Si elle
n'arrive pas maintenant ou même jamais, cela n'altérera en rien mon envie de progresser
et de travailler...»
Et le Sprimontois s'acquitte plutôt bien de sa tâche puisque les Liégeois n'ont
encaissé qu'un seul petit but, à Bochum, au cours de leurs six dernières apparitions en
public. «Tout le monde a compris qu'en préservant notre but vierge, nous n'aurions plus
qu'à concrétiser nos actions offensives. C'est là que nous péchons encore un peu. Tout
doit partir d'un état d'esprit. Il faut être concentré pour pouvoir être productif.»
En attendant, Philippe Léonard est en train de se refaire une solide santé dans un
environnement qu'il connaît bien mais que sa compagne, qu'il a rencontrée à
Saint-Tropez, a du mal à s'habituer. «Même lorsque je vivais à Monaco, je revenais
régulièrement dans ma maison à Beaufays, avoue Philippe Léonard. Je n'ai donc pas
été trop dépaysé. En revanche, il est vrai que Marion doit s'habituer au changement
radical de climat. La semaine dernière, elle mangeait sur une terrasse en tee-shirt. Ici,
elle s'apprête à découvrir la pluie et la neige. Une semaine chaque mois, elle retourne
auprès des siens. Elle a consenti de gros sacrifices pour me suivre. Nous avons conservé
beaucoup de bonnes relations en France. J'ai d'ailleurs reçu de nombreux sms de
félicitations de la part de ceux que j'ai côtoyés là-bas. Ça m'a réellement
touché.»


| Saison | Club | Championnat | Coupe d'Europe | |||
Matchs |
Buts |
Matchs |
Buts |
|||
92-93 |
Standard Liège | 30 |
0 |
C3 |
6 |
1 |
93-94 |
Standard Liège | 31 |
2 |
C2 |
4 |
0 |
94-95 |
Standard Liège | 31 |
1 |
- |
- |
|
95-96 |
Standard Liège | 32 |
0 |
- |
- |
|
96-97 |
Monaco (France) | 19 |
0 |
C3 |
4 |
0 |
97-98 |
Monaco (France) | 15 |
0 |
C1 |
5 |
1 |
98-99 |
Monaco (France) | 16 |
1 |
C3 |
4 |
0 |
99-00 |
Monaco (France) | 19 |
2 |
C3 |
5 |
0 |
00-01 |
Monaco (France) | 14 |
0 |
C1 |
2 |
0 |
01-02 |
Monaco (France) | 10 |
0 |
- |
- |
|
02-03 |
Monaco (France) | 5 |
0 |
- |
- |
|
03-04 |
Nice | 14 |
0 |
- |
- |
|
04-05 |
Standard Liège | 10 |
1 |
UEFA | 2 |
0 |